Détruire et raser des immeubles qui sont en ruine ou insalubres quel qu’ils soient, monuments historiques ou site remarquable, c’est la bombe que s’apprêtent à voter les députés de la majorité. Plutôt que réparer et réhabiliter notre patrimoine, cette nouvelle loi permet aux promoteurs et aux installateurs d’antennes de téléphonie mobilede démolir sans préavis des bâtiments de France pour construire du neuf à la place. Mais revenons au début de l’histoire pour comprendre comment tout cela a commencé.

Un texte de loi qui pose problème

Au début de ce mois de février 2018, Il se prépare une petite révolution dans les couloirs de l’exécutif : la nouvelle loi Logement, baptisée ELAN (Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique). Celle-ci a fait l’objet d’une grande concertation commandée par le Sénat, les parlementaires ayant reçu les principaux acteurs du milieu afin d’y voir un peu plus clair sur la question. Un premier texte devrait être soumis à la validation des membres du gouvernement dans le courant du mois de mars.

Pas encore écrit, sitôt décrié, ce texte fait déjà débat depuis ses premières heures. Quels sont donc les positions des défenseurs du projet et de ceux qui y sont réticents ?

Les pour

Les défenseurs de ce projet sont catégoriques : il faut réformer en profondeur le domaine de l’immobilier français, et vite. A l’heure où l’adolescence dure plus longtemps que jamais, les jeunes ont du mal à trouver un bien en location qui rentrerait dans leurs frais. C’est sans parler bien sûr de l’accès à la propriété. Bon nombre de ménages y renoncent : trop de sacrifices financiers, trop de frais, aucune banque pour les suivre dans leur projet …

Cette année 2017 a aussi été celle de tous les records : les prix se sont envolés dans les grandes villes, précipitant le mal-logement sur le devant de la scène et reléguant les territoires moins attractifs au second plan.

Enfin, pour beaucoup, la question fiscale n’en finit plus de faire débat : les impôts fonciers sont illisibles, trop nombreux et d’un montant excessif.

Les contre

Il y a d’un côté ceux pour qui le marché de l’immobilier ne s’est jamais aussi bien porté : tous les indicateurs sont au beau fixe, les taux sont bas et on a décompté un million de transactions immobilières sur la seule année 2017. Cela est bien la preuve que tout fonctionne bien et que les mesures en place (comme la loi Pinel par exemple) sont efficaces, alors pourquoi tout bouleverser ? Cette réforme n’aurait aucun intérêt dans l’état actuel des choses.

Et de l’autre côté, il y a ceux qui ne seraient pas contre une réforme, mais pas dans ces conditions. Les annonces du gouvernement qui se succèdent et se contredisent, de grands projets sur lesquels on revient, des dispositifs chers au cœur des Français que l’on voudrait supprimer (la loi Pinel notamment) … Bref, un chaos sans nom dont le pays n’aurait certainement pas besoin.